TaiChiChuan

 

Lundi :   de 18h30 à 20h pratique de la première et début 2ème partie de l’enchainement  Soleil Levant

Mercredi :  de 18h45 à 20h15 pratique de l’enchainement entier  et de 20h30 à 22h pratique de 2ème et 3ème partie de l’enchainement Tillay

Jeudi : de 18h30 à 20h00 approche essentiellement des bases et de la technique Soleil Levant

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Les milles visages du Tai Chi Chuan (TCC)

    Le tai chi chuan met le corps dans les sensations. Souvent, synonyme de lenteur, cette discipline chinoise se pratique à travers un enchainement de mouvement mémorisés. L’enchainement du tai chi chuan est répété régulièrement : ce qui devient, pour le pratiquant,  un art du mouvement à part entière.

L’enchainement de tai chi chuan peut-avoir mille visages différents parce que chaque jour, nous même, sommes différents. Notre visage ou notre énergie change du matin au soir et de façon répétée chaque jour de notre vie. En lien avec la nature, l’enchainement se vit aussi dans le présent. Ces mille visages représentent mille formes différentes d’expression, sans jugement, elles sont toutes aussi importantes les unes que les autres. Aussi, un enchainement de tai chi chuan ne sera pas « meilleur » qu’un autre, il sera simplement différent.

Il est possible de faire du tai chi chuan, pour le plaisir, pour avoir une hygiène de vie, que pour s’engager sur une recherche intérieure et être dans une discipline.

Toutefois, au bout d’un certain temps de pratique, le besoin de réinterroger les fondations de notre dynamique interne s’impose naturellement. Le tai chi chuan est donc une pratique de long terme qui touche les valeurs existentielles, pouvant faire émerger des transformations.

Pratiquer régulièrement nous permet de construire et de s’approprier l’enchainement, qui, façonné à notre empreinte, peut apporter du sens dans notre vie. Par la répétition, la mise en mouvement du corps deviendra huilage et entretien. Sans limite d’âge ni capacité physique particulière, le tai chi chuan est une discipline de non-jugement et de non-performance.

Etre en relation à soi dans la lenteur en développant le mouvement comme un art :

Il n’y a pas de qualité physique particulière pour pratiquer le tai chi chuan. Par contre la patience est indispensable pour une meilleur présence à soi. Le TCC est un art du mouvement qui peut être vécu comme une écriture, une calligraphie…il est possible d’imaginer la main ou le corps comme un pinceau, un crayon ou un objet qui, par sin souffle, dessine l’espace.

Le tai chi chuan vécu comme un art éphémère nous fait vivre le présent en mouvement. Une fois que l’enchainement est exprimé, il ne reste pas d’objet artistique à contempler, mais des sensations, des sentiments, comme par exemple celui d’avoir vécu un moment en relation à soi le plus juste possible.

Le tai chi chuan sous une forme lente de « méditation en mouvement » exprime la force de nos émotions à travers le geste. Semblable à la pulsation d’un chant ou d’une poésie, le mouvement anime le cœur, éclaire le corps et illumine la pensée.

Il est intéressant d’apporter un regard artistique sur le tai chi chuan parce que cette ouverture, nous met en relation à notre créativité. Cela enrichit notre capacité d’accueil par rapport aux formes ondulatoire, aux courbes, aux cercles…L’expression de notre mouvement est celui de notre être.

Le mouvement prend sa force à partir de la terre, il est mis en rotation par le bassin et émerge par les mains. La tête est rattachée au ciel par son sommet, l’axe talons/tête. Ce qui nous rapproche, par métaphore à l’arbre. La lenteur nous permet d’être dans une écoute intérieure. Le mouvement, à travers le jeu de bascule et de plaisir, nous fait comprendre la notion de gravitée corporelle. L’équilibre en mouvance constante s’appuie sur le yin/yang articulé par le dos.

La posture se construit à partir de 3 étapes successives: 1- il faut faire d’abord une pause, 2- ensuite vient la position et 3- arrive par l’expérience la posture. La posture met la personne en harmonie avec l’environnement pour une meilleur communication avec sa propre nature. Une fois que le pratiquant est dans la posture, le mouvement n’est plus porté mais il nous porte.

Le tai chi chuan est vécu à partir de sensations personnelles, alors que les bases sont communes à tous les pratiquants d’une forme. Vivre le mouvement du tai chi chuan demande du temps et de la patience, accepter d’aller lentement et laisser la volonté de côté pour un geste spontané.

Utiliser nos ressources naturelles : corps-esprit en accord

L’enchainement du tai chi chuan est un support d’expression et de création. Nos cellules corporelles enregistrent, sans pensée ni jugement, aussi bien stress et agressions que douceur et fluidité. Le mouvement lent va permettre de retrouver une certaine liberté, la ou il y a eu un choc. La pratique passe donc par la relation à soi dans une conscience positive de nos potentiels. Elle intègre une réalité objective : c’est-à-dire la conscience que l’on a de soi, et de ses limites.

La perception des sensations liées à l’enchainement enrichit notre conscience corporelle. La respiration plus naturelle et calme devient nourrissante.

Les appuis sont multiples : pieds, mains, dos, tête, regard, souffle… Les appuis sont associés au poids, à la gravité corporelle,  au balancier, au plein, au vide…

Le regard, en lien avec l’intention précède toujours le mouvement. Celui-ci nous informe sur les possibilités de déplacement et d’appuis dans l’espace environnant. Le regard se prolonge loin devant soi à partir de l’axe talons/tête, il balaie l’espace le plus large possible, c’est un regard qui écoute. Le regard, comme le souffle, se déplace avec calme, douceur, fluidité et point de fixation, au rythme de notre pulsation.

L’écoute est portée sur plusieurs axes en même temps, notamment, sur les appuis du corps. Poser une écoute, c’est offrir une présence à soi afin d’accueillir ce qui se passe en nous. L’écoute est aussi libre que le regard : calme, attentive, elle est disponible pour l’émergence du mouvement spontané.

 Notre souffle intérieur voyage à travers les espaces comme l’eau dans le lit d’une rivière, il nous alimente et retourne à sa source telle une vague. Inspirer/expirer, une alternance de plein et de vide où s’articule le chant du souffle. Le tai chi chuan devient alors une danse, pratiquée sur une piste étoilée à 8 branches comme les 8 directions. L’alternance yin-yang du souffle est la voie principale par laquelle notre tai chi chuan s’exprime. Ce rythme nous unit à la vie dans une forme microcosmique et macrocosmique.

Le souffle alimente la roue des alternances, un glissement rythmé de flux, de reflux. Il se charge lors de l’expiration du nettoyage de notre corps et de nos émotions, nous apportant l’énergie nourrissante avec l’inspiration.

Mille visages pour mille pratiques reposant chacune sur mille qualités.

Chaque étape de l’évolution est essentielle, c’est pourquoi, il est important pour cheminer dans le tai chi chuan d’être à son rythme sans dévalorisation. Le regard sur soi est le plus juste possible et favorise le positif.

La découverte d’une nouvelle activité anime le Moi ; la répétition ennuie le Moi ; la répétition démultipliée transforme le Moi. Le Tai Chi Chuan par une pratique régulière de l’enchainement, peut permettre de nous relier à notre profondeur.